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Les Vieilles Charrues
Samedi 17/07/2010
(le télégramme)
Méga-show.
Il est fort, Mika !
18 juillet 2010
Sapé comme un prince, l'auteur des désormais classiques «Grace Kelly» ou «Love today» a fait les choses en grand vendredi soir. Mais les a-t-il faites tout seul? Une petite ombre a plané sur les
envolées lyriques de Mika. Explications.
La verte prairie était noire de monde. Rien qu'à l'idée de pouvoir bientôt frôler Mika, la foule en rosissait de plaisir, après avoir tenté de polir une Diam's voilée qui ne restera pas
éternelle. Sous un ciel qui en avait fini d'être menaçant, la foudre s'est abattue sur Glenmor. Il était 22h30, vendredi. Sacré coup de tonnerre. «Relax, take it easy», impeccable bas blanc,
chemise blanche et veston de gris rayé, Mika fit une entrée très très classe. Une entame fracassante sur fond de tubes. Car il les a empilés, le gamin de Beyrouth, qui aurait déjà vendu non pas
un fantasmagorique chiffre de 19millions d'albums depuis trois ans, mais «seulement» 7 (5,5 du premier et 1,5 du deuxième). Pas de quoi pleurer quand même.
Une belle bulle d'air
Au-delà des chiffres, Mika ce fut surtout, au milieu du rap et du metal hurlants, une belle bulle d'air. Une bulle de champagne, fraîche et pétillante. Une sacrée bande de musiciens avec lui, le
garçon n'a pas regardé à la dépense d'énergie. Il y eut de la couleur (rose, violet, jaune, vert), du brillant, du strass. «Love today», «Big girl, you are beautiful»... Il fut beaucoup question
d'amour. Mika a donné et le public le lui a bien rendu. Les décors étaient des théâtres. Mika s'est lové dans un drapeau tissé depuis le haut de la scène. Du spectacle partout, une foule qui
danse et reprend en choeur. Un bon gars, ce Mika, un vrai généreux, déjà remarqué un peu plus tôt dans l'après-midi par sa simplicité et sa disponibilité. Sur scène, c'est aussi propre. Très
propre.
Trop parfait?
Mais. Car il y a un mais. Derrière de si belles déclarations, aurait-il eu pour son public l'amour un peu vache, Mika? En plein milieu d'un set réglé comme une horloge, un plan saisissant, sur
les écrans géants. Mika, bras en croix, la bouche à un bon mètre cinquante du micro. Loin, bien trop loin pour que sonne vrai, le son pur, craché par les enceintes, des quatre octaves de
l'artiste. Même pas essoufflé, en plus, après une chorégraphie brillamment enlevée. Trop parfait pour être vrai, alors, le Mika? Le temps d'une image, surgit le drôle de spectre d'un artiste qui
n'aurait pas totalement joué le jeu. La réponse est à trouver du côté des techniciens, et d'une assistance qui permet de chanter aussi «propre». «Ça s'appelle le ?pro-tool?. Beaucoup de gros
groupes le font», explique un régisseur. «Sur les spectacles de ce genre, à certains moments, ça permet de ne pas perdre les arrangements musicaux que connaît le public. Quand un chanteur fait
des grosses chorégraphies, on ne peut pas se permettre qu'il soit trop essoufflé pour chanter. Donc on baisse son micro, et on envoie un enregistrement de la voix». Certains le font, à longueur
de sets, comme Madonna. Un célèbre groupe français programmé hier soir, peu avant minuit, aussi (qui a dit, heureusement?). Et Mika donc. Sur quelques titres seulement, car son «Grace Kelly»
conclusif, en français dans le texte et scintillant de communion, était tout sauf la marque d'un tricheur. Allez, pardonné. l
* Marc Reve
http://www.letelegramme.com/ig/loisirs/ete/vieilles-charrues-2010/samedi/mega-show-il-est-fort-mika-18-07-2010-993250.php
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Fanfarlo.
Arcade d'ailleurs
18 juillet 2010
L'une des plus grosses sensations de la scène rock-folk indépendante de l'année écoulée était de passage, hier, à Carhaix. Sans l'ombre d'un doute, Fanfarlo a tenu toutes ses promesses.
La vie est parfois étrange. Prenez Fanfarlo par exemple. Certes, ils étaient attendus, la sortie de «Reservoir», leur premier album paru en 2009, ayant mis l'eau à la bouche à de nombreux
amateurs d'envolées folk et d'orchestrations réglées au millimètre. Mais à les voir débarquer, hier soir, sur la scène Kerouac, on s'est quand même demandé, le temps d'un instant, comment cette
improbable bande de cinq allait faire pour occuper un espace qui, subitement, a semblé démesurément grand. Il ne leur aura fallu qu'un titre pour dissiper toute forme de doute.
Euphorisant
Emmenée par un duo composé d'un Suédois au physique adulescent et d'une Franco-Anglaise au style délicieusement rétro, la formation a plongé la prairie dans une sorte d'euphorisante béatitude,
teintée de folk et alimentée par de saisissantes montées lyriques. Toute ressemblance avec ArcadeFire et Beirut serait, selon le principal intéressé, totalement fortuite. «Nous n'avons pas
attendu que ?Funeral? sorte pour jouer notre musique», clame Simon Balthazar, la pierre angulaire de Fanfarlo. Pourtant, à les voir et les entendre, on ne peut s'empêcher de penser à WinButler et
aux siens. Mais peu importe. Le charme opère tout autant. Après un vendredi qui avait fait la part belle au rap et au metal, ce samedi des Charrues restera définitivement placé sous le signe de
la belle instrumentation, Midlake ayant magnifiquement ouvert la voie un peu plus tôt dans l'après-midi. Tout juste regrettera-t-on que Fanfarlo ait un peu écourté son passage. Mais ce n'est que
partie remise. On n'a très certainement pas fini d'entendre parler de ces cinq-là.
* Thierry Dilasser
http://www.letelegramme.com/ig/loisirs/ete/vieilles-charrues-2010/samedi/fanfarlo-arcade-d-ailleurs-18-07-2010-993248.php
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Midlake.
Folk épique
18 juillet 2010
Démarrage difficile pour Midlake. «The Trials of Van Occupanther» et «The Courage of Others» -derniers albums du groupe - laissaient présager le grand frisson. En l'occurrence, c'est plutôt
le coup de froid sur Kerampuil. La subtilité musicale serait-elle soluble dans les grands espaces? Les trois premiers morceaux le laissent craindre. Dans le public, dépitée, Julie fait la moue.
Puis retrouve le sourire. Patiemment, les gars de Denton, Texas, prennent le temps d'installer l'ambiance. Chi va piano, va sano. Avec «Core of nature», les quatre guitaristes, le bassiste, le
batteur et le flûtiste se mettent en branle. Midlake s'emballe et décolle enfin. Les barbus, tendance hippies seventies sur le retour, emmènent alors les festivaliers en ballades. Alternant
longues chevauchées lyriques et morceaux intimistes aux mélodies limpides, Midlake laisse s'écouler un grand flot d'émotion. Si les plus jeunes ont déserté, les puristes, eux, savourent cette
folk-rock épique et délicate, aux accents psychédéliques. Set extra.
* S.U.
http://www.letelegramme.com/ig/loisirs/ete/vieilles-charrues-2010/samedi/midlake-folk-epique-18-07-2010-993249.php
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Indochine. Pour !
( Magic Sirkis)
18 juillet 2010
Il y a des gens comme ca qui se disent qu'Indochine, c'est du tabac de Chine, ça prend ce que ça peut dans les fonds de tiroirs et ça s'invente un mythe. C'est sûrement qu'ils n'étaient pas nés,
ou bien alors déjà trop vieux, au tout début des «80's».
Ils ont quand même oublié au passage Depeche mode et Taxi Girl, dont les jumeaux Sirkis faisaient les première parties. La classe, quand même. C'est pas juste, ceux qui disent que le melon
est un fruit de saison qui pousse à la place de la tête des musiciens, quand les festivals sont là. Bien sûr, hier, il y a eu cette parole un peu maladroite, juste avant de monter sur scène.
Indochine découvrant un festival «plus petit» qu'il ne le croyait. Mais la maladresse est souvent un aveu de timide, un reste d'enfance dans un monde de brutes. Et puis Peter Pan n'a jamais tué
personne. Nicola, tu es un peu la permanente du punk, une mèche française dans l'arrogance culturelle anglaise. Nicola, même élimé aux franges, tu as la classe dans ton slim qui te donne des airs
de vingt ans. Sirkis, Carhaix t'adore. La preuve, cette foule allant demander, d'une si belle voix avec toi, de décrocher la lune. La preuve, cette fusion du haut en bas de Kerampuil. Ton rock
est sombre mais brille. Comme l'étoile de Stéphane Sirkis, parti trop tôt pour avoir vu ça.
* Marc Revel
http://www.letelegramme.com/ig/loisirs/ete/vieilles-charrues-2010/samedi/indochine-pour-magic-sirkis-18-07-2010-993242.php
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Indochine. Contre !
(Sirkis d'adolescence)
18 juillet 2010
Depuis des lustres, il le clame haut et fort: Indochine est victime des médias. Parce qu'en France, on ne tolère pas le succès. Pauvre petit chou. Donnons-lui raison. Bien sûr, il y a le
phénomène et ses millions de fans, dont l'amour pour le groupe, sincère et louable, frise l'hystérie et le fétichisme.
Comme pour Mylène Farmer ou Johnny Hallyday. Belles références, en effet. Et il y a le personnage. Nicola Sirkis, bambi perdu au milieu des loups, si touchant de fragilité, éternel mal
compris. Écoutons-le en conférence de presse: «Les Charrues après le Stade de France? Ça paraît petit maintenant». Ce fameux concert devant 100.000 personnes? «Les gens nous ont dit qu'ils
n'avaient jamais vu un truc comme ça entre le public et un artiste». Le groupe appréciera l'humilité. Maladresse? Mouais. Reste la musique: là, après trente ans de carrière, l'excuse n'est même
plus valable. Pâle copie des Cure dans ses meilleurs moments, vague soupe le reste du temps, Indochine ressemble à une vaste arnaque montée par le syndicat des coiffeurs. Alors, oui, le groupe
envoie, enchaîne les tubes, avec de jolies images de guerre (bouh) en fond de scène. Sauf que le Nicola, lorsqu'il chante en direct, est à peu près aussi juste que Renaud avec une angine. Laisse
béton.
* Pierre Chapin
http://www.letelegramme.com/ig/loisirs/ete/vieilles-charrues-2010/samedi/indochine-contre-sirkis-d-adolescence-18-07-2010-993235.php
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Fabienne....
Comme on se retrouve
18 juillet 2010
Fabienne a la bouche en coeur, amoureuse qu'elle est de son Fabien. Mais avant de penser à la garder, il s'agit de ne pas la perdre. Car il y a mille raisons de s'égarer sur le site.
Heureusement, il reste quelques plans pour éviter les mésaventures.
Plan A. Rendez-vous au drapeau.
Fabien lui a dit, avant d'entrer sur le pré: «Si on s'perd, on se retrouve au drapeau breton. C'est pas bien compliqué quand même: un Gwen ha Du, ça flotte et ça se voit de loin». Et puis, le
temps d'aller soulager quelques libations, Fabien a perdu sa Fabienne. «Drapeau breton, qu'il disait, drapeau breton... Mais y en a des tas, de drapeaux bretons... Y en a même qui sont en
strings». Pas de pot.
Plan B. Le SMS.
«RDV au Verger, p'tit chou. jtm». Fabien fait les choses bien. «Voilà, le temps que j'ai du réseau, c'est parti. Dans cinq minutes, elle sera là. Le temps qu'elle entende son téléphone. Si elle
l'entend. C'est quoi, ce réseau? Tout le monde cherche Fabienne ou quoi? Pas moyen d'envoyer ce foutu SMS. Comment ça, monsieur, on ferme le Verger? Je dois sortir? Jamais sans ma Fabienne. Il
faudra me passer sur le corps. Aîe, non pas les oreilles. D'accord, je sors». Sans elle.
Plan C. Le Chêne rouge.
«Là, c'est bon, c'est sûr», se dit Fabienne. «Le Chêne rouge, c'est central, comme Carhaix, pile-poil au milieu de tout. Et puis, mon Fabien, il est tellement romantique, qu'il y pensera: un
chêne sur lequel il graverait nos deux noms entourés d'un gros coeur rouge. Allez, je tente: ?Vous auriez pas vu un Fabien??». «Allez voir au point déchets, dix mètres plus loin». Jalouse,
va!
Plan D. Le bar 8.
«Bon, c'est ici qu'on s'est quitté la dernière fois, c'est p'tet ici que je vais la retrouver: je lui laisse un message». «Rendez-vous au bar 8, tu peux pas le rater, c'est central». «Quoi? Un
bar à huîtres?» s'étonne Fabienne. Raté.
Plan E. Retour camping.
«Bon, puisqu'il a porté ma tente, il sait où elle est», se dit Fabienne. Route camping. «Une tente bleue, ça doit se voir», pense Fabien. «Mais... Mais c'est quoi, ce tableau, y a que des igloos
bleus». Planté.
Plan F. Le coup de génie
«C'est foutu. Fini. Elle m'a oublié, se dit Fabien. Après tous ces mots doux, ces moments de tendresse, seuls au monde à manger notre kebab aux doux sons de Tagada Jones. Elle est comme les
autres. Va falloir l'oublier, et trouver une aut', vite, pour panser mon p'tit coeur blessé. Tiens, elle est pas mal, elle, la grande blonde de dos. Salut toi. Mais... Fabienne? Ah, euh, oui, je
savais que je te retrouverai ici. Question d'instinct animal, j'ai senti ton odeur. Comment on rentre? bah, avec Sam, notre capt'ain de soirée. Il est où? Euh, bouge pas, je lui envoie un
SMS».
* Pierre Chapin et Marc Revel
http://www.letelegramme.com/ig/loisirs/ete/vieilles-charrues-2010/samedi/fabienne-comme-on-se-retrouve-18-07-2010-993243.php
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Vieilles Charrues. Indochine :
«Hâte de voir tous ces drapeaux bretons»
17 juillet 2010
Premier groupe français à s'être produit au Stade de France (80.000 personnes le 26 juin), Indochine, 30 ans après ses débuts, est l'une des têtes d'affiche de la soirée de samedi aux Vieilles
Charrues.
Que savez-vous des Vieilles Charrues?
Que c'est un des plus vieux festivals indépendants de Bretagne et qu'il est tenu par des bénévoles. Il n'y a peut-être pas que des bénévoles, mais c'est un État dans l'État au sein du festival.
Tous mes amis, comme Placebo et d'autres, m'ont dit que les Vieilles Charrues étaient assez incroyables. J'ai hâte de voir cette flopée de drapeaux bretons quand on sera sur scène. J'aimerais
d'ailleurs m'envelopper dans un drapeau breton, une fois dans ma vie.
Comment expliquez-vous qu'il ait fallu attendre cette 19e édition pour voir Indochine à Carhaix?
Il faut le demander aux Vieilles Charrues. Nous, on tourne depuis 25 ans et si les organisateurs ne nous ont pas programmés avant, c'est à eux qu'il faut le demander. Faut pas déconner non
plus... À plusieurs reprises, on était programmé pour remplacer untel ou untel et cela ne s'est pas fait. Cette fois, on est présent et 19, de toute façon, est un bon chiffre.
Quel type de concert allez-vous offrirau public carhaisien ?
Ce ne sera pas le concert du Stade de France, qui durait deux heures trente, mais le public ne sera pas lésé. On amènera ainsi tous nos écrans. Au niveau du répertoire, ce sera le concert du
«Meteor Tour» avec des nouveaux et anciens titres («L'aventurier», «Trois nuits par semaine», «J'ai demandé à la Lune»....).
Dans Le Monde, vous déclariez ne pas comprendre pourquoi il y avait autant de haine et de jalousie envers Indochine? C'est votre succès qui dérange autant?
Il y a de la jalousie et de la rancoeur car, en France, on ne pardonne pas l'insuccès et encore moins le succès. Nous, on est au-dessus de tout ça.
* Propos recueillis par Jacques Chanteau
http://www.letelegramme.com/ig/loisirs/ete/vieilles-charrues-2010/vieilles-charrues-indochine-hate-de-voir-tous-ces-drapeaux-bretons-17-07-2010-992288.php
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Gaëtan Roussel.
"Je fais de la musique pour exprimer des choses"
16 juillet 2010 à 18h09
Après Louise Attaque et Tarmac, après des collaborations avec Alain Bashung, Rachid Taha ou Vanessa Paradis, Gaëtan Roussel revient en solo, mais pas en solitaire, avec "Ginger".
"Ginger", c’est le fruit d’une longue gestation ou une envie nouvelle de vous produire seul ?
Cet album en solo, ce n’est pas quelque chose à laquelle je pensais depuis longtemps. Je crois que j’ai commencé à croiser cette idée-là et cette envie-là quand, avec Louise Attaque, on a fait
une deuxième pause en 2006 et que je me suis mis à travailler avec d’autres artistes. Je me suis retrouvé un peu hors contexte groupe, ce qui était la seule chose que je connaissais. Je crois que
ça a muri à ce moment-là, à partir des collaborations que j’ai pu avoir qui, finalement, m’ont renvoyé à moi, seul, plutôt que moi à l’intérieur d’un groupe.
Ces rencontres vous aident-elles à avancer ?
Il y a différentes choses qui me permettent d’avancer. Ça, c’est une porte nouvelle qui s’est ouverte pour moi en travaillant avec Alain Bashung. C’est quelque chose qui m’a plu : être non pas la
personne qui va chanter, qui va porter le disque, mais plutôt essayer d’aider quelqu’un à aller où il a envie d’aller. C’est quelque chose qui était nouveau pour moi et dans lequel je m’épanouis
aussi. Donc c’est une nouvelle manière d’avancer. Il n’y pas que celle-là mais c’est vrai que ça m’a ouvert des portes. Une porte ouverte, dix de plus à ouvrir…
C’est que vous retenez de la collaboration avec Bashung ?
Oh non, je retiens beaucoup de choses. Il y avait beaucoup de premières fois avec Alain Bashung : la première fois que j’étais hors contexte groupe, que j’écrivais pour un autre artiste, que je
participais à la réalisation d’un album qui n’était pas de Louise Attaque ou de Tarmac. J’ai beaucoup appris à son contact dans la manière d’avancer, dans la démarche et dans la curiosité à avoir
quand on essaie d’avancer… J’ai appris beaucoup de choses.
Êtes-vous d’accord pour dire que "Ginger" est votre album le plus léger ?
Oui, c’est un disque pop, plus pop que ceux auxquels j’ai pu participer ou qu’on a pu faire avec Louise Attaque ou avec Tarmac. Tout n’est pas léger et dansant mais c’est plus pop et plus anglé
sur des rythmes ou des matières sonores. C’est un album qui s’est conçu beaucoup par couches et par touches, et beaucoup par le biais du studio et de la musique plus que l’écriture d’un texte
ciselé.
Qu’est-ce qui guide vos choix de rencontres ?
Quelqu’un comme Joseph Dahan est quelqu’un avec qui j’avais déjà collaboré il y a quelques années et on s’est retrouvé à nouveau à faire à nouveau de la musique ensemble. J’ai vu assez vite
qu’il pouvait m’aider dans cette démarche de groove ou de matières sonores. Après j’ai essayé d’aller toquer à la porte de gens avec qui je n’avais jamais travaillé et, surtout, qui n’avait pas
forcément la même culture musicale que moi. C’est pour ça que je suis aller voir quelqu’un comme Tim Goldsworthy ou comme Julien Delfaud et après, même si j’avais déjà travaillé avec lui,
quelqu’un comme Gordon Gano, que j’aime beaucoup depuis longtemps et avec qui j’avais collaboré via Louise Attaque, mais jamais on ne s’était retrouvé à chanter tous les deux sur un disque. Ce
qui me guide, c’est d’être curieux et de voir où ça peu m’emmener. La démarche par rapport à la chanteuse d’E.S.G, c’est celle-là. Au départ c’est une démarche de fan, parce que je suis fan du
groupe, et petit à petit j’ai essayé moi aussi d’apprendre des choses, c’est là-dessus que je me suis appuyé pour essayer de faire un disque différent de ceux auquel j’ai participé avant.
A propos de Louise Attaque, vous parlez de pause, reverra-t-on le groupe sur scène ?
C’est possible. Quand on s’est mis en sommeil entre le deuxième et le troisième album, on n’avait aucune idée de si on se retrouverait, quand et comment. Et puis c’est arrivé, chacun est revenu
avec ce qu’il avait vécu pendant trois ou quatre ans. Il peut nous arriver la même chose là comme il peut nous arriver de ne pas remettre le pied à l’étrier. Je n’ai pas de réponse à vous
donner.
On sent que la routine vous effraie…
Un petit peu. Surtout tourner en rond. J’essaie d’avancer. Chacun réflechit ou se pose des questions pour avancer. En me disant que j’allais faire un disque solo, tout de suite je me suis dit que
le solo ne résonerait comme recroquevillé dans mon coin – chose que, peut-être, je ferai un jour – mais plutôt comme : allons à la rencontre de plein de gens sachant que forcément par moments je
serai perdu mais que, au final, j’espérais avoir quelque chose de cohérent. Ca, ça m’a aidé à ne pas avoir l’impression de tourner en rond.
Vous vous renouvelez en permanence, y’a-t-il d’autres secteurs que vous avez envie d’explorer ?
J’ai eu l’occasion de faire une petit peu de musique de film avec Benoît Délépine et Gustave Kervern. C’est quelque chose qui, avec le même médium, la musique, m’a plu parce que ça se place à un
autre endroit, on ne fait pas de la musique pareil, on est en contact avec une autre information qu’est l’image et d’autres gens. On ne peut pas considérer ça comme des BO, puisqu’il y a peu de
musique dans leurs films, mais c’est une première approche, c’est quelque chose que j’aimerais recroiser. Mais c’est de l’ordre de la rencontre plus que de l’ordre de la commande.
Votre musique est extrêmement populaire mais vous restez très discret, c’est pour mieux vous préserver ?
Disons que je fais de la musique pour exprimer des choses, ce n’est pas une fin en soi qu’on me reconnaisse ou être célèbre, du coup ça me préserve. Je ne calcule pas beaucoup mais je fais
attention. On avait la chance avec Louise Attaque, alors qu’on s’est mis à vendre beaucoup de disques, d’avoir un visuel qui était autre que nous et c’était super. Et c’était beaucoup plus fort
d’ailleurs. Donc, c’est une manière de se préserver, oui, puis une manière de donner une information. Je ne souhaite pas être complètement désincarné mais je ne veux pas jouer là-dessus, ce qui
m’intéresse c’est que l’on tende l’oreille à ma musique.
Cet énorme succès n’est-il pas gage de liberté ?
Avec Louise Attaque quand on a commencé, je crois sincèrement qu’on avait une idée de ce qu’on voulait faire. On a eu la chance de croiser Marc Thonon qui nous a laissé aller où on avait envie
d’aller. Après, le fait de croiser un succès tôt évidemment vous accorde de la liberté, de la crédiblité. Il faut être à la hauteur de cette liberté-là c’est pour ça qu’avec Louise Attaque on a
fait une pause entre le deuxième et le troisième albums et qu’on ne s’est pas rué sur un quatrième album. Comme on ne sentait pas cet espace de liberté vibrant on s’est dit qu’il valait mieux
faite une pause.
Cette tournée semble vous réussir, on vous sent très heureux sur scène.
C’est vrai. Je le vis bien. Ce disque "Ginger", je suis content de le proposer, d’avancer avec. Ça me fait plaisir si ça se sent.?
Vous êtes passé aux TransMusicales, à Art Rock, à Yakayalé, vous êtes programmé au Pont du Rock, aux Vieilles Charrues, vous aurez fait quasiment le tour de la Bretagne, vous avez un
rapport particulier avec notre région ?
Mon tourneur est breton alors, de là à ce qu’il y ait collusion… Je vous laisse lui passer un coup de fil ! Ou peut-être que la Bretagne propose pour faire de la musique ce qui, je crois, aussi
le cas.
* Propos recueillis par Samuel Uguen
http://www.letelegramme.com/ig/loisirs/ete/vieilles-charrues-2010/samedi/gaetan-roussel-je-fais-de-la-musique-pour-exprimer-des-choses-16-07-2010-992072.php
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Sexy Sushi.
"Quoi, c’est pas en Norvège, Carhaix ?"
16 juillet 2010 à 17h14
Associant esprit punk, humour trash et sons électro, le duo nantais Sexy Sushi devrait créer l’evénement demain soir, scène Xavier-Grall. Rebeka Warrior, qui compose le groupe avec Mitch Silver,
a répondu à nos questions. Reste à comprendre les réponses.
On vous catalogue souvent comme groupe “electro-punk“ ou “electroclash”. Ca vous convient ?
Pas du tout ! Comme Olivia Ruiz ou Calogero, nous faisons de la chanson française. Pourquoi n’aurions nous pas le droit à cette étiquette ? Ecrivez cela : “Sexy Sushi, un groupe de chanson
française matinée de techno“. Tiens, j’aime bien ça, “matinée“...
Votre nouvel album s’appelle « Cyril ». Qui est ce Cyril ?
C’était le prénom de Christina Ricci avant qu’elle ne change de sexe. Oui oui, c’est une trans’ : si vous ne savez pas ça, c’est que vous êtes un journaliste bien mal informé. Comme nous sommes
tous les deux Italiens, nous rendons hommage à Christina de cette façon. Nous savons que cela lui fera plaisir.
Votre concert sera-t-il très différent de celui du festival Panoramas, à Morlaix, en avril ?
Complètement nouveau : nous serons accompagné d’animaux sauvages, dont des loups, et de Pharell Williams (célébrissime producteur américain), qui se libère pour l’occasion. Un show pyrotechnique
extravagant est aussi prévu. Et y’aura du sang.
Vos spectacles sont plutôt physiques. Vous suivez une préparation intensive ?
Je suis assez forte en décathlon, et je cours le vingt minutes en 19 minutes. Mitch touche sa bille en équitation, le saut d’obstacles plus précisément. Il a un parcours dans le coin de sa
chambre.
Est-ce une fatalité de finir vos concerts très dénudée ?
Quand c’est la chaleur des tropiques, on enlève les fringues et on finit à poil, normal, mais il nous est parfois arrivé de finir en anorak. Et là, bizarrement, personne n’en parle.
Il devrait faire chaud, à Carhaix !
Ben c’est qu’au nord de l’Allemagne, il fait quand même un peu froid, le soir. Quoi, c’est pas en Norvège, Carhaix ? J’avais préparé mes cagoules.
L’ambiance festival, c’est votre truc ?
Pas du tout : je déteste la boue et le camping.
La provoc, c’est votre fonds de commerce ?
On ne cherche pas à provoquer : on fait des trucs qu’on aime. Les gens interprètent ensuite, et les bonnes âmes genre vieille France se disent choquées. Alors qu’on pourrait être nettement plus
trash.
* Propos recueillis par Rodolphe Pochet
http://www.letelegramme.com/ig/loisirs/ete/vieilles-charrues-2010/samedi/sexy-sushi-quoi-c-est-pas-en-norvege-carhaix-16-07-2010-992056.php
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Gojira.
"Beaucoup vont partir en courant !"
16 juillet 2010 à 17h18
En France, c’est Le groupe de Metal. Choisi par les musiciens de Metallica pour assurer leurs premières parties, Gojira risque de faire exploser le mur du son, ce soir.
Un groupe de Metal aux Charrues, c’est une première. Etes-vous surpris de vous retrouver à Carhaix ?
Oui, car on ne savait pas que les Vieiiles Charrues programmaient ce genre de musique. C’est plutôt audacieux de leur part, d’ailleurs. Pour nous, c’est un challenge, car le public n’est pas
habitué à cette musique. Il faudra qu’ils essaient de dépasser un peu la barrière du son. Mais on ne se fait pas trop d’illusion. On sait que beaucoup vont partir en courant...?
Comment décririez-vous votre musique, que les spécialistes définissent comme death metal progressif ?
?C’est d’abord une puissance sonore : quatre mecs à l’unisson, avec des instruments saturés. Un son qui prend au corps, comme une tempête. C’est une musique primaire, dans le sens où elle touche
aux émotions et aux sensations, comme l’appel des tribus ; une musique tribale, et "trippale". Ça peut déranger, car ça fait appel à des émotions refoulées. Mais sur scène, avec la vidéo, on
essaie d’apporter un visuel poétique. On n’est pas dans un univers trash. ?
Vos textes sont assez étonnants, avec un fort engagement écologiste...
?Oui, on a des choses à dire ; on a passé l’âge de juste déballer nos tripes sur scène. On est plus dans l’introspection, dans une vision humaniste des choses. Et on est militant, sans avoir la
prétentiuon de dire qu’on est écolo : on prend des avions, la bagnole, comme tout le monde. Mais on essaye d’être écolo-responsables.?
Vous avez un projet pour l’association Sea Sepherd ??
Ouais, on est fasciné par les baleines, dont s’occupe, notamment, cette asso. On est en train d’essayer de mettre en place un truc pour eux. L’idée, c’est de leur composer cinq morceaux, et de
les jouer avec des invités prestigieux. On pourrait télécharger les morceaux sur le net, et l’argent reviendrait à l’asso. C’est une façon de faire quelque chose de concret.?
Vous avez assuré la première partie de Metallica lors de deux tournées. Ça a dû booster le groupe, et mettre une sacré pression, non ?
?On est tous venus à la musique par Metallica, dont on était dingues. Ils ont apparemment eu un coup de cœur pour nous, et nous ont directement appelés. C’était le meilleur compliment dont on
puisse rêver ! ?Avant de commencer la tournée, on avait un trac pas possible ; j’étais dans tous mes états. Après, jouer devant 20.000 ou 10 personnes, c’est pareil : il faut la même énergie, la
même concentration. On a beaucoup appris lors de ces tournées, on était même surpris de voir comment on arrivait à gérer notre stress. Souvent, on n’avait pas de balance, des restrictions sur les
lumières et le son. Aujourd’hui, on sait gérer tout ça. Quant aux gars de Metallica, ils sont super accessibles et très humains, dix fois plus que certains groupes qu’on a croisés et qui avaient
vendu trosi albums.?
Que vous inspire la polémique autour du festival Hellfest, que certains politiques voulaient interdire??
Tout ça est un amalgame ridicule. C’est comme si ils gueulaient parce sur certaines affiches de ciné on voit trois gouttes de sang ! Y’a 4, 5 ans, j’étais plutôt contre un groupe comme Slipknot.
Aujourd’hui, je réalise qu’heureusement ils existent, car ils exorcisent quelque chose. Tous ces groupes évoquent la mort, dans une société où c’est tabou. Je pense que c’est mieux de dire “
Ouais, on va tous crever un jour. Et alors ?,” car ça évite de refouler certaines choses, et c’est plutôt sain. Après, peut-être que certains groupes sont trop extrêmes, mais c’est un autre
débat.
?Etre musicien de Gojira, c’est sexe, drogues et rock’n’roll ou une vie de sportif ??
C’est sportif ! Avant chaque concert, je fais 30 à 45 minutes d’échauffement, car un concert, c’est beaucoup de sueur et de stress, une bonne heure de défouloir. La scène, physiquement, c’est
aussi de la douleur, ça impose de rester en forme, d’avoir une hygiène de vie. Après, j’aime bien faire la fête et boire un verre... Mais si j’ai choisi de faire de la musique, c’est parce que
c’était un besoin ; pas parce que je voulais je voulais avoir un groupe, des tatouages partout et vivre dans la mythologie rock.
* Propos recueillis par Pierre Chapin
http://www.letelegramme.com/ig/loisirs/ete/vieilles-charrues-2010/samedi/gojira-beaucoup-vont-partir-en-courant-16-07-2010-992058.php

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