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Les Vieilles Charrues
Dimanche 18/07/2010
(le télégramme)
Alain Souchon.
Y'a de la rumba dans l'herbe
19 juillet 2010
Hier, il y avait de la rumba dans l'herbe carhaisienne. Sept ans après son pote Voulzy, Souchon a eu droit à son baptême des Charrues. Un brin inhibé à l'entame, le cador a montré qu'il était
tout, sauf un chanteur de salle de bain.
Trois pas de danse, un geste amical de la main, Alain Souchon soigne son entrée en scène. Sapé comme un milord, costard noir et chemise blanche, le Breton d'adoption embraye sur un titre un brin
pro-voc': «On s'aime pas». Sourire. Un brin inhibé, le chanteur fait le métier mais rame un peu. «Ça fait 35 ans que je chante, 35 ans que je vois des jolis publics mais comme vous, jamais ! Vous
êtes vertigineux !» Ironie, cabotinage ? Malgré la chaleur, l'inconditionnel de Souchon a des sueurs froides. Cette communion tant espérée sera-t-elle au ras des pâquerettes, pire, bidon ?
L'ultra-moderne solitude guetterait-elle? Pourtant, des tubes en Voulzy, en voilà. «Des regrets», «Le baiser», «C'est déjà ça», «Saute en l'air», «Écoute d'où ma peine vient», «Sous les jupes des
filles»... Les jolis titres s'enchaînent, sympas. Mais ça ne décolle pas encore. Lessivé, délavé, à force d'avoir été trop passé à la machine, l'amour serait-il définitivement en fuite ? Homme de
peu de foi, pourquoi as-tu douté ? C'était bien vite oublier qu'en face, sur scène, se tient un cador. «Le souffleur de vers» se lâche enfin. Et justifie ce drapeau qui claque dans la foule:«Tout
est bon dans le Souchon».
Le public KO dès le deuxième round
Le deuxième round débute. Et là, c'est un festival. Alain Souchon déroule : «Somerset Maugham», «Et si en plus y'a personne», «L'amour à la machine», «J'ai perdu tout ce que j'aimais». Une vague
d'émotions déferle. Le public, recueilli, écoute religieusement et frissonne sur «Le bagad de Lann Bihoué». Les poils se dressent dès les premières mesures de la chanson, inscrite dans les gènes
bretons. La suite n'est qu'une succession de moments d'anthologie : «Quand j'serai KO», «On avance», «Foule sentimentale» - est-il besoin de préciser la réaction de l'assistance ?- «J'ai dix
ans»... Nickel ! KO, on n'a plus qu'une envie : s'asseoir par terre. Et savourer.
* Samuel Uguen
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Matthieu Chedid.
Show carrément XX-M-
19 juillet 2010
-M-, le fils caché des Vieilles Charrues, venait hier soir à Kerampuil pour la 167e fois (à vue de nez). Et, comme au premier soir, le sale gosse a mis une claque à toutes les starlettes.
Ça restera sans doute l'image de ce festival. Un pied monumental pour toute une bande de gamins, invités sur scène au moment le plus fort du concert. Et lui! Lui, p'tit bout d'une dizaine
d'années, guitare du -M- entre les doigts, face à un mur de 50.000personnes. Sur son visage, le même sourire radieux que l'éternel enfant qu'est Matthieu Chedid. Fabuleux. Déjà, tout petit,
Matthieu faisait n'importe quoi. Piquait les instruments de papa, s'inventait des coiffures dingues. Depuis, il ne s'est pas arrangé. La preuve: à peine deux morceaux, et le gars traverse la
foule guitare en main, dix bonnes minutes, péter un solo de feu en plein milieu du public. Le problème avec Matthieu, c'est qu'il a toujours entraîné ses copains dans ses bêtises. Ça loupe pas,
encore une fois. Troisième morceau, et la moitié du groupe se jette de la scène pour slamer dans le public. Ben voyons. Même Dyonisos n'avait pas osé.
Indécrottable
Tous les psys se sont heurtés au cas Chedid. Comment un bambin si gentil, si simple, peut-il jouer les chefs de bandes et entraîner toute la classe dans ses délires? Et on ne parle pas de sa
manière de copier les partitions de Michael Jackson (les 30 secondes de l'intro de «Beat It») et d'enterrer -M-, comme Bowie l'avait
fait jadis pour Ziggy. Ce gamin, monsieur le proviseur, est indéfendable. Sa note? -M-. Toujours aime.
* Pierre Chapin
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Synthé-rock.
C'était Julian Casablanclasse
19 juillet 2010
Quelque part entre new-wave et rock à guitares, le New-Yorkais Julian Casablancas, chanteur des Strokes lancé dans un passionnant épisode solo, a secoué jusqu'à la moelle le public de
Kerouac.
Double dose de guitares, de batterie, de claviers et de douce arrogance sur scène... Depuis quelque temps, Julian Casablancas voit les choses par deux. Lancé depuis plus d'un dans une aventure
solo marquée par un bijou de disque pop, le leader des Strokes, ce groupe US qui bouscula la scène rock à l'orée des années 2000, le New-Yorkais a fait valoir ses deux facettes, hier sur Kerouac.
Une scène synonyme de terme de son énorme tournée mondiale, où quelques groupies squattaient les premiers rangs. Car cet éternel porteur de pantalon slim-baskets, charismatique et désinvolte (les
deux sont souvents liés), partage avec le public son dilemme actuel.
Tout donner advienne que pourra
A-t-il envie de retrouver un certain son des années 80, à base de claviers et d'une basse énergique, proche de l'esprit d'un New Order, ou s'appuyer sur un rock à guitares terriblement puissant
et mélodique ? Dans le doute, il donne le tout, à fond. Advienne que pourra. Le public ne se plaint pas. L'équilibre est délicat. D'où peut-être cette démarche parfois hésitante du beau Julian,
parfois proche de celle d'un Souchon (eh oui) ! Mais niveau zique, il est sûr de sa force. Accompagné de six musiciens haut de gamme, Casablancas a rythmé son live par ses tubes «The 11th
dimension» (immense !), « Rivers of Brakelights» ou le diabolique «I Wish it was Christmas» et d'autres pépites. Autant de morceaux de bravoure qui font tomber toute réticence. Le Stroke a fait
strike.
* Rodolphe Pochet
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Phoenix.
Veni, vidi, Versailles !
19 juillet 2010
Réjoui, ému comme un gosse, le chanteur Thomas Mars, en découvrant le mur de fans et de drapeaux rassemblé aux pieds de ses Converse. «C'est incroyable. Franchement, on n'imaginait pas»...
Pourtant, des gros festivals, les Versaillais les plus aimés de la Planète les enchaînent depuis des mois, comme autant de trophées à un tableau de chasse désormais impressionnant. Pas si gagné
d'avance que cela, néanmoins, pour l'electro-pop dansante mais un poil expérimentale de Phoenix, ce pari de succéder à la tornade Indochine, pour lequel le gros du public s'était manifestement
déplacé samedi soir. Mais pari finalement remporté, et d'entrée, avec un stratosphérique «Liztomania» doublé d'un «Long distance call» orgiaque. Une partie de l'assistance renâclera bien au
milieu du show lorsque M. Sofia Coppola (à la ville) et ses comparses tenteront d'expédier le plus grand nombre dans les hauteurs parfois inaccessibles de leur rave de maestros du numérique. Les
finaux et triomphaux «If I ever feel better» et «1901» rameneront tout le monde au bercail.
* P. L.B.
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Développement durable.
L'éco de la prairie
19 juillet 2010
Qu'elle était propre la prairie. Débarrassée, cette année, de son armée de verres en plastique, broyés, écrasés, par les festivaliers. Le recyclable et le durable sont désormais au coeur du
festival.
Un festival ne se mesure pas qu'à l'ampleur de son public et de ses artistes. Il s'estime aussi en fonction des engagements qu'il prend. Avec un passage obligé, l'écocitoyenneté et le
développement durable, tant pour la morale que pour l'image. Les Charrues l'ont bien compris. Fabienne et Fabien, modèles de festivalières et de festivaliers modèles, l'ont bien compris aussi,
dès leur planté de tente. Les Charrues ont cette année fait un effort de communication: préservation, protection, sensibilisation... Tout est fait pour rappeler les festivaliers à leurs devoirs
citoyens. Qu'il s'agisse de se protéger eux-mêmes ou de protéger la prairie. Fabienne et Fabien n'ont peut-être pas croisé Quentin Sibéril. Un jeune homme très occupé ces derniers jours. Sa
fonction: chargé de développement durable. Quentin Sibéril, fier du «1,2million de gobelets recyclables en plastique distribués sur le site». Ah, la belle nouveauté. Fabienne et Fabien l'ont vite
expérimentée. La première bière, «3, 50€, s'il vous plaît». «Quoi, s'écrie Fabien, 3, 50 €?». Eh ouais mon p'tit Fabien, cette année, il y avait 1 € de plus, consigne donnée pour moins polluer.
La gorgée de surtaxe avalée, Fabien et Fabienne y ont trouvé des avantages. Au premier rang, une prairie qui a su rester vierge en soirée. Finis, les monceaux de gobelets écrasés au sol, tapis de
plastique mêlé de boue, triste ragoût.
Adieu le chimique
1 € le verre... De quoi le considérer précieux. De quoi imaginer aussi un bon moyen, pour les plus radins, d'exploiter les oublis. Trois verres retrouvés abandonnés sur la prairie, échangés
contre la consigne... Le bon moyen de s'offrir un demi... Autre effort, que Fabienne a salué, du côté des commodités. «On a installé 120 toilettes sèches en 2010», explique Quentin. Une trentaine
de plus que l'an dernier. Adieu le chimique, adieu les odeurs, vive le durable. Mais l'écocitoyenneté, c'est aussi une planète qui commence au niveau très local. Ce que Fabienne et Fabien n'ont
pas vu, c'est le travail de Quentin, «en amont pour gérer les questions d'accès et pendant ces quatre jours», auprès des riverains, qui se sont vus offrir une ligne téléphonique directe pour
leurs doléances: «Le stationnement ou des gens qui se plaignent de festivaliers qui ont traversé leurs jardins». Cette année au moins, ils n'y auront pas laissé leurs gobelets.
* Marc Revel
http://www.letelegramme.com/ig/loisirs/ete/vieilles-charrues-2010/dimanche/developpement-durable-l-eco-de-la-prairie-19-07-2010-993845.php
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Gojira.
J'ira j'ira pas
19 juillet 2010
«Tout le monde va partir en courant». Ils l'avaient annoncé façon provoc', Gojira... Le public a finalement donné raison au groupe de metal français, qui a débarqué sur la scène Glenmor au coeur
de la nuit de samedi. Grosses guitares, grosses basses, grosses batteries, gros rythme... Pas gros monde, pourtant, mais du gros, mais alors du très très gros son. Bouchons d'oreille
obligatoires, des vibrations jusque dans les tripes... Les toiles de tente ont dû en vibrer jusque dans les coins les plus reculés des campings. Comme berceuse, on a quand même connu plus
doux.
http://www.letelegramme.com/ig/loisirs/ete/vieilles-charrues-2010/dimanche/gojira-j-ira-j-ira-pas-19-07-2010-993841.php
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Jeunes Charrues.
Octopus si !
19 juillet 2010
On n'en finit pas de décrire un rock'n roll moribond, et toujours un sang neuf vient démentir l'augure, à coups de riffs saignants. Ce week-end, sur la scène Xavier-Grall, dévolue aux Jeunes
Charrues, The Octopus a remporté tous les suffrages. Chanteur à rouflaquettes dignes de Supergrass, influences Stones, MC5 et Hellacopters, le quatuor douarneniste a balancé un «pure and wild
rock'n roll» imparable, virtuose, et survolé cette finale du tremplin Jeunes Charrues. Le Pays de Cornouaille tient là de sacrés ambassadeurs. Le Kreiz Breizh n'a pas non plus démérité avec «Im
Takt» («en cadence» en allemand), tout jeune trio (six mois d'existence) prometteur. Citons également Moongai (Pays de Nantes) et sa chanteuse fantasque ou encore le duo «Too soft» et ses
comptines entêtantes. Ça pousse derrière !
http://www.letelegramme.com/ig/loisirs/ete/vieilles-charrues-2010/dimanche/jeunes-charrues-octopus-si-19-07-2010-993843.php
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Handicap.
Les Charrues comme dans un fauteuil
19 juillet 2010
«Quand on voit leurs sourires, on a tout gagné». Cette année encore, les Charrues ont amélioré leur dispositif d'accueil des personnes handicapées. Leur logique: permettre à tous d'assister aux
concerts. Leur dispositif: un parking réservé à moins de 300mètres de l'entrée au festival, 91bénévoles, trois plate-formes dédiées... Et pour la première fois, la possibilité de passer, deux par
deux, quinze minutes sur le côté de la scène. Et tous les artistes, plus grands y compris, ont joué le jeu. Chapeau.
http://www.letelegramme.com/ig/loisirs/ete/vieilles-charrues-2010/dimanche/handicap-les-charrues-comme-dans-un-fauteuil-19-07-2010-993840.php
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C'est par où la bonne pop ?
Au fond, à Gush !
19 juillet 2010
«S'il y a des cow-boys dans l'assemblée, levez vos chapeaux et bougez vos santiags!» À l'heure du rush, Gush entre en scène, totalement décomplexé, genre «Ob-La-Di, Ob-La-Da» sur Kerampuil.
Biberonnés à la brit-pop, au rock et à la soul US, le quatuor a bien digéré les leçons de ses glorieux aînés. Sautillants et guillerets, surtout pas sérieux, ces quatre garçons plein d'avenir ont
de l'allure et de l'allant. Et que leurs coiffeurs soient décédés ne change rien à l'affaire. Gush souffle de la pop à airs, de celle qui regonfle le moral, de la pop incarnée, bien en chair, de
celle qui fera monter les enchères.
http://www.letelegramme.com/ig/loisirs/ete/vieilles-charrues-2010/dimanche/c-est-par-ou-la-bonne-pop-au-fond-a-gush-19-07-2010-993842.php
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